La présence de deux ouïghours en Suisse fait jaser Pékin.

En début 2010, Le conseil fédéral a accepté de recueillir deux Ouïghours détenus à Guantanamo.

Toutefois, il va sans dire que cette prise de position de nos autorités fit évidemment jaser, que ce soit au niveau cantonal avec une motion de l’UDC Zurichoise demandant au CF de n’accueillir aucun détenu de la prison américaine en Suisse mais surtout, et cela pourrait s’avérer plus problématique, à Pékin.

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Malgré les pressions de la Chine, la Suisse accueillera deux détenus ouïgours de Guantanamo à titre humanitaire. Le gouvernement suisse a fini par donner son aval mercredi après des semaines de tergiversations. Les deux frères seront domiciliés dans le canton du Jura.

La décision du Conseil fédéral est tombée au lendemain de la confirmation du gouvernement du canton du Jura de son intention d’accueillir les deux hommes.

Les deux hommes, qui ont été détenus pendant des années à Guantanamo sans avoir été accusés ni condamnés, ne représentent aucun risque d’après l’analyse des experts, a assuré la ministre de Justice et Police Eveline Widmer-Schlumpf devant la presse. Ils se sont engagés à apprendre le français et à s’intégrer professionnellement.

Un autre ancien détenu de Guantanamo, d’origine ouzbèke, vit déjà dans le canton de Genève depuis janvier.

Réaction chinoise

Réaction immédiate : la Chine est « résolument opposée » à la décision du Conseil fédéral, a indiqué mercredi Feng Haiyang, conseiller à l’ambassade de Chine à Berne. Le gouvernement chinois s’oppose à la décision helvétique « parce qu’elle ne correspond pas aux intérêts fondamentaux des deux pays », selon lui. La Chine n’a toutefois pas voulu justifier plus en détail sa réaction.

Avant Noël, l’ambassade de Chine s’était fendue d’une lettre envoyée à Eveline Widmer-Schlumpf, où elle demandait à la Suisse de ne pas accueillir les deux frères ouïgours. Et cela en avertissant qu’une décision contraire pourrait mettre à mal les relations sino-suisses.

A l’appui de son avertissement, le gouvernement chinois accusait les deux Ouïgours d’appartenir au Mouvement islamiste du Turkménistan oriental (ETIM). Mais pour le ministère suisse de la Justice, les deux hommes ne figuraient pas « sur les listes de terroristes dressées par l’ONU ».

Dignité

Daniel Fried, envoyé special du gouvernement américain pour la fermeture de Guantanamo, se déclare très heureux de la décision helvétique :

« Le gouvernement chinois exigeait que les Ouïgours présents à Guantanamo soient renvoyés en Chine, ce que les Etats-Unis ne veulent pas, pour des raisons humanitaires ».

Avant d’ajouter :

« Nous pensons que la décision suisse a été courageuse. Nous avons bien travaillé avec les autorités helvétiques, en nous en tenant à un processus lent et prudent ».

Par ailleurs, la Société pour les peuples menacés (SPM) a salué la décision du Conseil fédéral, qui donne ainsi à ces deux hommes la possibilité de mener une vie en liberté et dans la dignité dans le canton du Jura.

La SPM se dit par ailleurs satisfaite que le gouvernement ait attaché plus d’importance aux droits de l’homme qu’aux intérêts de l’industrie suisse d’exportation. L’organisation prie en outre le Conseil fédéral de mener avec la Chine un vrai dialogue sur les droits de l’homme, en particulier de thématiser les droits des minorités dans la république populaire.”

Depuis, la Confédération n’a jamais répété ce geste empli de panache. À moins que…

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